Soutenance HDR Romain Badouard

Nous sommes heureux de vous annoncer que la soutenance de l'Habilitation à diriger des recherches de Romain Badouard, a eu lieu le lundi 8 juin 2026 à 14h, au Centre Panthéon

Contenu
Texte

Dossier d’HDR

Vol.1 - Mémoire analytique du parcours de recherche : 
Le débat public en ligne et ses mutations. Itinéraire scientifique en terrain numérique

Vol.2 - Manuscrit original : 

L’emprise du design. La manipulation des comportements sur les plateformes numériques : enquête sur un problème public

Résumé :

Les méthodes utilisées par les plateformes numériques pour capter l’attention de leurs utilisateurs sont connues : afin de maximiser leurs revenus publicitaires, les entreprises qui les exploitent construisent des environnements « addictifs », destinés à inciter leurs usagers à rester le plus longtemps possible sur leur service. Ce qui est moins connu en revanche, c’est que ce design persuasif a une histoire. Inventée dans les années 1990 à l’université de Stanford, à la croisée des sciences du numérique et de la psychologie sociale, la captologie (acronyme de Computers as Persuasive Technologies) se donne pour mission de développer des systèmes techniques capables d’influencer les comportements de leurs utilisateurs. Au cours des années 2000, les principes de la captologie se répandent dans la Silicon Valley et deviennent un élément central de l’industrie des réseaux sociaux alors émergente, avant que n’éclatent, quelques années plus tard, les premières controverses sur la « cyberaddiction ». Ce travail de recherche se propose de retracer l’histoire des controverses autour du design persuasif, depuis les bancs des amphithéâtres de Stanford jusqu’à la régulation des « dark patterns » prévue par le Digital Services Act (2022) et le Digital Fairness Act (2026) en Europe. Comment le design persuasif devient un problème public ? Quel rôle jouent les lanceurs d’alerte, les médias, les organisations de la société civile et les chercheurs dans cette trajectoire ? Par quels mécanismes la conception numérique se transforme en un objet « régulable », que les états tentent d’encadrer au nom de la santé publique ? C’est à ces questions que se propose de répondre ce travail de recherche, fruit d’une enquête au long cours, à la croisée des sciences de l’information et de la communication et de la sociologie des sciences et des techniques.

Jury : 

Dominique Cardon, Sciences Po (examinateur)
Tristan Mattelart, Université Paris-Panthéon-Assas (examinateur)
Cécile Méadel, Université Paris-Panthéon-Assas (garante)
Franck Rebillard, Université Sorbonne Nouvelle (rapporteur)
Valérie Schafer, Université du Luxembourg (rapportrice)
Juliette Sénéchal, Inria et Université de Lille (rapportrice)

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